Avec près de 3 millions de trottinettes électriques en circulation en France, le risque de vol n’a rien d’hypothétique. À Paris notamment, batteries et engins disparaissent chaque mois en nombre, et le vol représente aujourd’hui le premier motif d’indemnisation pour les trottinettes assurées. Autrement dit, même avec les meilleurs réflexes de sécurité, la question de la couverture financière mérite d’être posée sérieusement.
Une assurance obligatoire, mais qui ne protège pas tout
Depuis le décret du 23 octobre 2019, la trottinette électrique est classée comme engin de déplacement personnel motorisé (EDPM) et entre dans la catégorie des véhicules terrestres à moteur. Conséquence directe : une assurance responsabilité civile est obligatoire. Rouler sans, c’est s’exposer à une amende pouvant aller jusqu’à 3 750 € en cas de récidive, voire à la confiscation de l’engin ou à une suspension de permis. En 2024, 59 % des conducteurs d’EDPM impliqués dans un accident n’étaient pas assurés. C’est un chiffre qui parle de lui-même.
Mais la RC couvre uniquement les dommages causés à des tiers : un piéton blessé, une voiture rayée. Elle ne rembourse ni les blessures du conducteur, ni la trottinette endommagée, ni, surtout, le vol. Pour ça, il faut souscrire une garantie optionnelle spécifique. L’assurance trottinette électrique avec option vol constitue le filet de sécurité financier quand les antivols n’ont pas suffi.
Garantie vol : mode d’emploi et conditions à connaître
Cette option se souscrit en complément de la RC et démarre aux alentours de 8 €/mois pour une couverture plafonnée à 1 000 € avec une franchise de 50 €. Concrètement, cela peut représenter jusqu’à 950 € récupérés après sinistre, sous réserve de respecter quelques conditions non négociables.
Premier impératif : déposer plainte dans les 48 heures suivant le vol, sans exception. Deuxième condition : disposer d’un antivol certifié SRA ou ART niveau 3 minimum, car la plupart des assureurs l’exigent pour valider la garantie. Il faut aussi conserver la facture d’achat de la trottinette et celle de l’antivol. Enfin, une vétusté de 10 % par an est généralement appliquée sur la valeur de l’engin, ce qui réduit l’indemnisation au fil du temps. Autant le savoir en amont plutôt qu’au moment du sinistre.
Pour les tarifs, tout dépend du profil : un conducteur de 22 ans à Paris avec une trottinette à 800 € stationnée en rue paiera autour de 20 €/mois en formule complète, contre environ 10 €/mois pour une conductrice de 35 ans en banlieue toulousaine avec un engin à 500 € garé dans un parking fermé. Ces montants restent indicatifs et varient selon les assureurs.
Bien s’assurer : les étapes concrètes
La souscription en ligne prend deux à cinq minutes, avec une attestation reçue immédiatement et une couverture effective dès la signature. Il faut préparer la facture d’achat, une pièce d’identité, le numéro de série de la trottinette et, si l’on opte pour la garantie vol, la facture de l’antivol. L’assureur remet ensuite une vignette à coller sur une partie visible de l’engin, et il est conseillé de conserver également l’attestation en PDF sur son téléphone.
Un conseil pratique souvent oublié : photographier la vignette collée. En cas de vol, cette photo constitue une preuve de la situation d’assuré au moment des faits. Ce genre de détail fait toute la différence lors d’un sinistre.
Se couvrir correctement n’est pas une formalité administrative, c’est une décision financière logique pour un engin dont le prix moyen d’achat dépasse 400 €.

